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Apprivoiser la photo animalière

 

 

Dans ce nouvel article, nous allons évoquer la photo animalière. Voici donc une discipline photo qui connaît toujours un certain succès chez les débutants et amateurs. Souvent présentée comme difficile, la photo animalière ne l’est pas forcément plus que les autres champs photographiques. Il faudra surtout faire preuve de patience et de pratique si on veut arriver régulièrement à des clichés réussis. En effet, chaque sortie ne durera pas 15 ou 20 minutes mais plutôt plusieurs heures.

 

Avant de vous lancer

Commençons par quelques conseils. Une des choses les plus importantes, avant même de sortir de chez vous, est de connaître un minimum les espèces, surtout si vous souhaitez photographier une espèce sauvage en particulier. Donc rien ne doit vous échapper (ou presque) : alimentation, période d’accouplement, cycle de vie quotidien, lieu de vie, de repos, etc. Mais ce n’est pas tout. 

Une fois que vous aurez repéré votre sujet, il faudra alors savoir si ce dernier est sensible au bruit, aux mouvements, aux couleurs, aux odeurs, etc. Pour être franc, c’est souvent tous ces éléments en même temps. C’est pourquoi les tenues de camouflage sont utiles pour les photos animalières. Il est tout aussi important (ou plutôt indispensable) de vous déplacer avec le vent de face lorsque vous approchez votre sujet. Sans vous avoir repéré visuellement, il peut vous sentir de loin si vous avez le vent dans le dos. Internet vous aidera dans votre quête d’informations sur les animaux.

Les tenues de camouflage sont trouvables un peu partout et notamment dans les rayons chasse des magasins de sport. Et quand je vous parle de camouflage, cela concerne également les mains, la tête ET votre appareil. Vous pouvez aussi utiliser un poncho ou un filet de camouflage afin de dissimuler votre silhouette. Les animaux sauvages savent  reconnaître la silhouette humaine et l’assimilent logiquement au danger. Privilégiez les vêtements faisant le moins de bruit possible, voire pas du tout, déjà que l’on peut être trahi par ses pas sur le sol (le syndrome de la branche qui craque sur notre passage, comme dans les films ;-) ).

Une approche d’autant plus compliquée qu’il faut se placer (idéalement) au même niveau que le sujet pour le photographier. Cela évitera la sensation d’écrasement liée au point de vue en plongée et cela conservera l’immersion pour le spectateur. Pour photographier des oiseaux dans un arbre, une loutre ou un castor au milieu d’une rivière, évidemment, le problème est différent.

Une fois les multiples lieux de périple repérés (on ne trouve pas les mêmes animaux sauvages partout en France), il faudra alors faire preuve de patience, de vigilance et de discrétion. Adaptez aussi vos vêtements en fonction de la météo et de la saison. Cela vous évitera de rentrer chez vous avec une pneumonie. Pensez aussi à signaler à vos proches dans quelle zone vous vous situerez et faites attention pendant les périodes de chasse. Si jamais vous comptez faire un périple assez important, n’oubliez pas de partir avec cartes, gps et/ou smartphone, mais aussi de quoi boire ou manger et une trousse de premiers secours pour les petits bobos.

 

 

Vous pouvez aussi photographier au gré de ce qui se présente devant vous durant votre balade. Les chances de succès vont notamment dépendre de votre discrétion. Mais en balade ou en posture fixe, il faut apprendre à se déplacer baissé, à avancer petit à petit, en marquant des temps de pause réguliers pour observer et écouter. À force, vos sens “vont revenir à  l’état sauvage”. Entraînez aussi vos yeux “ à voir dans le noir” ou plutôt dans des conditions d’éclairage assez faible. Cela pourra vous être utile lors de sessions photos en basse luminosité.

Vient ensuite le “bon moment”. Pour d’autres disciplines photo, on vous a déjà conseillé de faire des photos soit tôt le matin, soit  au coucher du soleil pour des questions de qualité de lumière. En effet, c’est à ces deux moments de la journée que la lumière est la plus douce, proposant des contrastes plus intéressants. Et bien pour la photo animalière il en va de même, d’autant plus que les animaux vont se faire plus discrets en journée, lorsque l’activité humaine est plus importante.

 

 

L’inconvénient de ces lumières du matin ou du soir va être leur faible intensité, surtout en forêt. Il faudra donc augmenter les ISO de votre APN sans oublier d’emporter des objectifs ayant une grande ouverture. En plus de l’heure de la journée, pensez aussi à la météo du jour, à la saison et à la position du soleil à l’instant T, ce qui pourra vous donner des photos différentes en matière d'atmosphère. De plus, certains animaux vont être plus actifs à certaines périodes de l’année. Ce sera à vous de vous adapter au rythme de vie des animaux et non pas l’inverse. Donc comme expliqué en introduction, les séances de photo animalière ne vous prendront pas quelques minutes mais plusieurs heures, voire une journée entière pour certaines espèces très méfiantes. Dans un premier temps, vous pouvez toujours vous faire la main sur les volatiles communs de nos villes et campagnes qui, bien que toujours sauvages, se sont bien accoutumés à la présence humaine.

Autre solution pour débuter plus sereinement encore : la balade dans un zoo. Les animaux sont alors plus simples à photographier ; sauf dans certains cas comme pendant les heures de sieste. Les animaux peuvent alors préférer dormir à l’abri des regards. Dans un zoo, il faudra par contre faire attention aux éléments parasites pouvant apparaître à l’image. Nous y reviendrons plus bas.

 

écureuil

 

Quel matériel photo ?

Passons maintenant au matériel le plus adapté pour la photo animalière.

Alors, soyons clairs : les compacts et les bridges ne seront pas conseillés. Sans forcément être mauvais, ils ne seront pas assez rapides pour cette discipline. De plus, le fait de ne pas pouvoir changer d’objectif constitue également un handicap. 

Il reste alors les reflex et les hybrides. Les premiers cités sont évidemment à privilégier. De nombreux objectifs disponibles, différentes longueurs focales aux ouvertures tout aussi variées et des boîtiers de plus en plus accessibles. D’ailleurs les Reflex aux capteurs APS-C ou full-frame sont conseillés.

Les hybrides (mais aussi les reflex) doivent disposer de  longues focales lumineuses et être capables de faire le point sur un sujet se déplaçant. L’autofocus doit être rapide, tout comme le mode rafale. De plus, la montée en valeur ISO ne doit pas (trop) générer de bruit.

Mais reflex ou hybride, il faut un APN adapté aux conditions climatiques quand elles sont plus dures que la normale. Je pense notamment au taux d’humidité souvent élevé qui peut régner en forêt, surtout en position statique, proche du sol. On parle alors d’appareils tropicalisés.

 

 

Nous parlions plus haut des éléments pouvant parasiter une image, et notamment le grillage dans le cas de photo dans un zoo. Pour les éviter, équipez-vous d’un téléobjectif afin de réduire la profondeur de champ. En ouvrant le diaphragme à fond et en vous rapprochant du grillage, vous devriez faire disparaître ce fameux grillage tout en préservant le sujet.

Vous pouvez aussi opter pour les plans serrés, notamment lorsque les sujets sont statiques ou se déplacent lentement. À vous ensuite de trouver le bon moment pour capter une expression, un regard. Là, malheureusement, il n’y a pas vraiment de secret. Réussir à capter un regard, une émotion, c’est une histoire d’expérience, d’organisation mais aussi un peu de chance. En effet, cela veut dire qu’il faut avoir son équipement déjà pré-réglé, être à l'affût et prêt à dégainer l’appareil et avoir la chance d’être assez rapide et “propre” au moment du déclenchement.

La mise au point, pour un plan serré, se fera sur les yeux. Pour une photo dans laquelle le sujet n’occupe qu’une place réduite, la mise au point se fera sur la tête de l’animal. Si vous n’avez pas l’habitude, restez en mode auto et laissez le boîtier gérer les choses. Par contre, vous prenez alors le risque que le boîtier s'obstine à faire la mise au point sur un élément du décor (un caillou, une branche…). Une perte de temps qui peut se révéler fatale au cliché rêvé. Si vous avez plus d’expérience, que vous voulez avoir plus de maîtrise, passez en mode semi auto (Av) qui permettra de gérer vitesse et profondeur de champ.

 



Revenons aux objectifs. Comme il n’est pas possible de s’approcher trop près des animaux pour éviter de les faire fuir, il faut donc compenser cet éloignement physique. C’est là qu’entrent en scène les téléobjectifs. Ces objectifs à grande focale commencent à être intéressants dans notre activité à partir de 300mm au minimum.

Petit rappel en passant, plus la longueur focale est importante et plus la vitesse d’obturation devra être élevée. Ainsi, avec le 300mm cité juste avant, vous devrez régler la vitesse comme ceci : 1/300. Pour un 400 mm, une vitesse de 1/400. Un 500mm, une de 1/500, etc, etc. 

Mais comme ces objectifs représentent un coût important et réel (19 000 euros pour un Nikon 800mm et 1300 € pour un 300mm chez Canon), sans compter que certains peuvent douter de leur intérêt pour la photo animalière à plus ou moins long terme, vous pouvez alors partir sur des objectifs de type 70-300 mm. Le tarif sera au minimum divisé par deux comparé à un 300mm focale fixe. De plus, vous pourrez le réutiliser pour autre chose par la suite.

Par contre, avec les zooms, vous n’aurez pas la même qualité que pour une focale fixe et l’ouverture sera plus faible. Les focales fixes offrent une meilleure qualité d’optique. Mais la photo animalière impliquant un certain nombre de dépenses comme nous avons pu le voir plus haut (tenue adaptée, accessoires photo), il faut bien faire un choix selon le budget disponible.

Enfin, la composition. Si le sujet regarde d’un côté, cadrez de telle façon qu’il existe un “vide” devant ses yeux. Par exemple, si le sujet regarde vers la gauche, positionnez-le vers la droite du cadre afin qu’il ait justement cet “espace vide” devant ses yeux.

Voilà un petit aperçu de la photo animalière et des équipements nécessaires. Faites un état des lieux avant de partir. 

N’oubliez pas de : 

  • charger et prendre les différentes batteries (y compris les batteries de secours aussi nommées batteries Tank), 
  • vérifier l’état des cartes mémoires (pleines ou vides), 
  • faire des premiers réglages de votre APN,
  • prendre des chiffons de nettoyage
  • vous équiper d’un trépied éventuellement
  • etc, etc

Faites-vous une checklist ! Cela vous aidera.  ;-)

 

 

Je terminerai cet article en vous disant ceci. La pratique, l’expérience et un bon matériel ne suffisent pas. Il faut aussi respecter l’environnement et les animaux. En effet, évitez de prendre des risques comme vous approcher de petits. La réaction de la mère pourrait être terrible...surtout pour vous. Dans le même esprit, mieux vaut éviter la saison de reproduction durant laquelle les mâles sont … “plus à cran”. 

Rester silencieux, ce n’est pas uniquement pour faire de belles photos mais aussi pour respecter les animaux et ne pas les déranger  dans leur quotidien. Pour ces mêmes raisons, privilégiez un boîtier ayant un déclenchement silencieux

A propos de l'auteur

David

David

Marié à une photographe et très bon ami d'un photographe expert, j'ai pu découvrir quelques uns de leurs secrets. Je suis encore très loin de leurs niveaux mais je vais continuer de m'améliorer et partager avec vous tout ce que je sais et que j'apprends au fur et à mesure de ma progression.

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