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Faire la mise au point

focus auto ou manuel?

La mise au point est une notion dont 99,9 % des photographes ont déjà entendu parler, mais la connaissent-ils vraiment ? Elle peut se résumer comme l’opération permettant de régler la netteté en fonction de la distance qui vous sépare de votre sujet. Ainsi, sur les appareils, on retrouve la mise au point manuelle (MF) ou automatique (désignée sous le sigle AF pour autofocus).

Apparu à la fin des années 70 sur le compact Konica C35AF (donc avant la photo numérique), l’autofocus est maintenant présent dans la très grande majorité des équipements permettant de capter des images à savoir les appareils photo, mais aussi les smartphones, les caméscopes…

Tout d’abord, il faut savoir qu’il existe différents systèmes d’autofocus.

Moins répandu que par le passé, le système dit “actif” est une mise au point télémétrique, c’est-à-dire qui mesure la distance entre l’appareil et le sujet, sans que l’on doive se déplacer. Pour réaliser cette mesure, l’appareil envoie un signal sur le sujet visé et calcule le temps nécessaire au signal pour « revenir à l’appareil ». Ce signal peut être un ultrason ou un infrarouge.

Équipant la majorité des appareils dotés d’un autofocus, le système dit “passif” est soit à détection de phase, soit à mesure de contraste. Donc dans le cas de la détection de phase, l’objectif est « partagé » en deux parties permettant de mesurer la distance par rapport au sujet. L’analyse des rayons issus de ces deux parties, permettra alors de calculer à quelle distance est la scène ou l’objet à photographier. Si la mise au point est mauvaise, les rayons forment alors un disque et non un point. Il s’agit du système autofocus que l’on retrouve le plus souvent sur les appareils reflex. Pour conclure ce paragraphe, on peut dire que les performances de l’autofocus à détection de phase baissent lorsque la lumière est faible. D’où l’intérêt des optiques à grande ouverture

Pour l’autofocus à mesure de contraste, c’est surtout les compacts qui sont concernés par ce système. La mise au point s’effectue d’après l’analyse des contrastes sur le capteur. L’idée, c’est que moins l’image est contrastée et moins elle sera nette. Si l’image est floue, les pixels voisins vont recevoir la même quantité de lumière. À l’inverse, plus un sujet sera net, plus le contraste est alors important. Donc les pixels voisins reçoivent une quantité de lumière différente. Il s’agit d’un système par « tâtonnement » (ou de navigation entre les positions de flou) qui permet d’obtenir la mise au point. Cette mise au point est moins précise que celle à détection de phase, mais beaucoup plus que les autofocus actifs.

Mais bien que la mise au point soit dite “automatique”, l’autofocus nécessite la maîtrise de quelques paramètres, comme nous allons le voir par la suite. Des paramètres qui peuvent sembler complexes dans un premier temps, mais une fois intégrés, ils vous permettront de réaliser des photos nettes en toutes circonstances.

En premier lieu, il faut connaître les réglages de votre autofocus; plusieurs possibilités s’offrent à vous, en fonction du sujet à immortaliser. Attention, les noms ne sont pas les mêmes selon les constructeurs (enfin surtout chez Canon).

  • Mode ponctuel. La mise au point s’effectue lorsque la pression arrive à mi-chemin sur le bouton déclencheur. Tant que la pression est maintenue, le choix reste mémorisé. Le sujet doit être immobile, c’est pourquoi il vaut mieux opter pour ce mode lorsque l’on fait du portrait, une photo de paysage ou de nature morte. Si déplacements du sujet il y a, ils devront être lents. En effet, régulièrement, il faudra mettre à jour la mise au point en fonction des déplacements. Ce mode ponctuel est dénommé chez Canon « One-shot » et « AF-S » chez Sony, Nikon… Ce mode est bien souvent celui qui est sélectionné par défaut.
  • Mode continu. Adapté pour les sujets en mouvement et/ou imprévisibles. Vous l’aurez compris, ce mode est donc pratique pour le sport, les animaux ou encore les enfants en bas âge par exemple. Mais aussi lorsque la profondeur de champ est réduite. En effet, cet autofocus continu se nomme « Ai Servi » chez Canon et « AF-C » ailleurs. On dit que ce mode est continu, car la mise au point continue de se faire tant que l’on maintient la pression à mi-chemin et cela même si le sujet bouge.
  • Mode automatique. Il s’agit en réalité d’un mélange des deux modes précédents. En effet, comme le mode ponctuel, il va mémoriser une mise au point après une pression à mi-chemin, puis il basculera en continu en cas de mouvement. Dénommé « Ai Focus » chez Canon ou « AF-A » ailleurs, ce mode semble séduisant, mais il n’est pourtant pas très populaire et se révèle peu utilisé. En effet, une certaine lenteur se fera sentir au niveau de la mise au point si le photographe (ou le sujet) bouge. Cependant, tout dépend aussi des performances de l’appareil.

Donc pour choisir le mode qu’il vous faut, demandez-vous si votre sujet va  bouger ou risque de le faire.

Mais ce n’est pas tout. Il convient aussi d’évoquer les collimateurs, capteurs permettant de réaliser la mise au point et de détecter un sujet. Ces collimateurs sont symbolisés par un genre de cible, de zonage ou de carrés lorsque vous regardez dans votre viseur ou écran; carrés plus ou moins nombreux selon l’âge et le niveau de gamme de votre appareil photo.

collimateurs

 

C’est donc grâce à ces collimateurs qu’il sera possible de définir la zone sur laquelle la mise au point sera effectuée. Plus les collimateurs seront nombreux et plus la mise au point sera simple à affiner.

Il est aussi nécessaire de choisir une des options qui vont suivre, afin de travailler sur votre zone d’autofocus. En règle générale, 3 options sont possibles, mais là aussi, tout dépend de l’ancienneté et du niveau de  gamme de l’appareil. Certains modèles disposent d’options plus détaillées.

  • Les collimateurs AF automatiques. L’appareil va détecter lui-même la zone où la mise au point doit être effectuée. Ainsi, le collimateur le plus adapté à la scène sera retenu. Le plus souvent, le point retenu sera le plus lumineux ou le plus proche, mais ce ne sera pas forcément votre sujet; attention donc. L’automatisme montre ses limites; utile pour des paysages.
  • Les collimateurs AF sélectifs. Ici, il est possible de choisir le collimateur qui servira à la mise au point. Cela laisse une certaine liberté même si, dans les faits, c’est le collimateur du centre qui est bien souvent retenu. En effet, la mise au point est alors plus rapide qu’avec un collimateur excentré. Cela dit, il peut se révéler utile d’utiliser un autre collimateur que celui du centre. Notamment si votre sujet est sur un côté du cadre et que vous ne souhaitez pas que les autres éléments de l’image interfèrent.
  • Les collimateurs AF dynamiques. On doit travailler d’après un ensemble de collimateurs et non plus un seul. La mise au point s’effectuera sur l’un des collimateurs du groupe et elle s’adaptera en cas de mouvements, en sélectionnant si besoin un autre collecteur de la zone.

L’autofocus est très pratique dans la plupart des cas, surtout si vous disposez d’un modèle réactif. Mais, vous l’avez compris, l’autofocus ne fait pas tout tout seul. Il existe différents modes qu’il est bon de connaître. D’ailleurs, si vous souhaitez plus de contrôle, délaissez les modes automatiques et adaptez les différentes options selon votre sujet et votre environnement. Sachez également pour vos séances photo, que le collimateur par défaut est bien souvent le mode AF automatique. Donc comme nous le disions juste avant, il s’agit du mode qui va faire la mise au point sur le point le plus proche de l’APN. Un manque de flexibilité réel, surtout en matière de composition.

Maintenant, passons rapidement à la mise au point manuelle.

Contrairement à ce que certains semblent penser, le focus manuel reste profondément intéressant et se révèle même toujours indispensable. C’est notamment le cas lorsqu’il y a des éléments gênants entre l’appareil et le sujet. Je pense, par exemple, à un grillage, à une vitre sale ou avec des imperfections, à de la pluie ou encore à du brouillard ou de la brume...

grille metal

 

Alors il y a de fortes chances pour que l’autofocus se concentre sur le mauvais sujet, voire même qu’il soit à la ramasse totale, incapable de faire le point et moulinant éternellement dans le vide. Et cela, même si certains appareils (comme les reflex) sont capables d’ajuster automatiquement les conditions lumineuses et de compenser les contrastes.

La mise au point manuelle est donc souvent préférable dans certaines circonstances, car elle offre de meilleures performances et un meilleur contrôle. Notamment en macro ou en portrait, lorsque la lumière est plus faible, ou en intérieur. Lorsque le rythme de la séance photo est plus lent, cela permet de travailler plus précisément ses photos.

vieille voiture

Mais cela demande de la pratique. C’est pourquoi il est préférable de se faire la main sur l’autofocus, avant de basculer progressivement vers la mise au point manuelle. Autre conseil, méfiez-vous des écrans intégrés. Même s’ils sont de plus en plus performants, ils peuvent se révéler trompeurs et vous réserver quelques désillusions une fois chez vous. Dans un environnement très lumineux, voir précisément le rendu sur l’écran peut être délicat. De plus, tout mouvement de l’appareil photo en arrière ou en avant (même léger) change la distance de mise au point.

Tout en prêtant attention aux contrastes comme nous le disions un peu plus haut, prenez garde également au choix des objectifs. Ceux disposant d’une grande ouverture de diaphragme seront plus performants pour une mise au point manuelle. Avec une plus grande quantité de lumière qui arrive sur le capteur, il sera plus facile de trouver la bonne mise au point.

Soyez aussi vigilants en ce qui concerne la durée d’exposition. Le risque de flou de bougé est réel et ce problème nous arrive à tous. Donc autant préférer une exposition assez courte, pour éviter cela.

Idéalement, le sujet devrait être immobile, afin que vous puissiez obtenir une netteté parfaite. Mais lorsque cela sera impossible, il faudra alors réduire la distance entre vous et le sujet.



A propos de l'auteur

Pyf

Pyf

Professionnel de la surexposition, surdoué du mauvais cadrage, j'ai décidé de me prendre en main pour enfin obtenir des clichés de qualité. Débutant(/amateur) de niveau intermédiaire, la photo me passionne et je souhaite mettre en application les connaissances acquises pour mes deux autres passions : mon fils et l'Histoire.

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