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Henri Cartier-Bresson, le témoin du siècle

 

date naissance décès

22 août 1908 - 3 août 2004

 

Né le 22 août 1908 à Chanteloup-en-Brie, dans une famille de grands industriels du textile, Henri Cartier-Bresson est l’aîné de cinq frères et sœurs.

Il effectue sa scolarité au collège Fénelon puis au lycée Condorcet à Paris. En dehors de ses études, Cartier-Bresson pratique le sport, et la chasse. Il assiste régulièrement à des pièces de théâtre ou à des concerts, sans oublier les visites de musées. Enfin, il commence à pratiquer la photo en amateur.

En 1926, Henri se met à suivre des cours de peinture auprès de Jean Cottenet et peint aussi régulièrement chez Jacques-Emile Blanche. Ce dernier le présente à de grandes figures intellectuelles parisiennes. Par le biais de son ami d’enfance Henri Tracol, Henri Cartier-Bresson rencontre l’historien et critique d’art Élie Faure. Or, ce dernier est le neveu du géographe anarchiste Jacques Élisée Reclus, auteur de l’ouvrage « L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique », qui marque grandement Henri. Puis à l’automne 1926, Henri intègre l’académie du peintre André Lhote où il restera 2 ans.

Henri fréquente aussi les surréalistes, grâce au poète René Crevel qui les lui présente. Henri se rendra plusieurs fois à leurs réunions, car il apprécie notamment la conception du Surréalisme d’André Breton. Ce dernier prend en compte « le rôle du jaillissement et de l’intuition et surtout l’attitude de révolte », l’écriture automatique et la photographie permettant d’explorer l’inconscient visuel; une influence surréaliste qui se retrouvera dans les photographies des années 1930 de Cartier-Bresson.

Au début de cette décennie, il prend la direction de l’Afrique et plus précisément de la Côte d’Ivoire. Il découvre aussi le Cameroun, le Togo puis le Soudan français. Il se fascine pour les cultures locales et ses correspondances démontrent un engagement politique. En effet, il émet de vives critiques contre l’impérialisme occidental. En 1932, il achète son premier Leica et continue ses voyages avec ses amis Léonor Fini et André Pieyre. C’est décidé, la photographie sera son métier. D’ailleurs, c’est à cette époque que ses premières photos sont publiées (dans les magazines « Photographie » et « Voilà »).

En 1933, Henri se tourne vers l’”Association des écrivains et artistes révolutionnaires” (AEAR) qu’il commence à fréquenter. Envoyé en Espagne par le magazine « Vu », le jeune homme couvre les élections et parcourt le pays. En fin d’année, son travail est exposé à la Galerie Julien Levy de New York ainsi qu’à l’Ateneo de Madrid.

Son engagement politique se développe lorsqu’il signe avec d’autres artistes des tracts antifascistes, suite aux émeutes antigouvernementales,  début 1934 à Paris. Quelques mois plus tard, il s’envole pour le Mexique avec une équipe du musée d’Ethnographie du Trocadéro. Bien que la mission ait été annulée, il décide d’y rester et il y fréquentera alors des artistes, écrivains et intellectuels communistes proches du Parti national révolutionnaire au pouvoir.

 

Antonio Salazar, 1934

Antonio Salazar, 1934

 

En mars 1935, ses travaux sont exposés au Palacio de Bellas Artes de Mexico, à côté des réalisations d’Álvarez Bravo. En avril de la même année, il quitte le Mexique pour le pays voisin, les États-Unis. C’est l’occasion pour lui de se rendre à l’exposition « Documentary and Anti-Graphic Photographs by Cartier-Bresson, Walker Evans & Álvarez Bravo » chez Julien Levy. Il se familiarise alors avec le monde du cinéma auprès de Paul Strand et du groupe Nykino (coopérative de cinéastes militants). Avec ces nouvelles relations, il s’intéresse au mouvement de la Renaissance de Harlem.

En 1936, Henri est de retour en France. Jean Renoir l’engage comme assistant sur « La vie est à nous », film commandé par le Parti Communiste Français, mais aussi sur des productions plus classiques comme « Partie de campagne », toujours en 1936 et « la Règle du jeu » en 1939 (ce dernier film étant considéré comme le meilleur de Renoir et comme un grand classique).

L’année suivante, il se lance dans la réalisation de deux documentaires. Le premier intitulé « Victoire de la vie » est consacré à la guerre d’Espagne et à l’assistance médicale et le second « With the Abraham Lincoln Brigad » relate la vie des soldats américains pendant cette même guerre. Il assure aussi la couverture du couronnement du roi Georges VI d’Angleterre, pour le journal « Ce soir ». Mais c’est plus la foule qui l’intéresse plutôt que le couronnement en lui-même. Il photographie alors le peuple regardant passer le Roi. Un acte qui démontre encore son engagement politique.

En 1938, avant de collaborer avec Renoir pour le film « La Règle du jeu », Henri réalise un autre documentaire; intitulé « L’Espagne vivra », ce reportage commandé par le Secours Populaire du pays, traite encore une fois de la Guerre d’Espagne.

Vient alors sa mobilisation en 1939, suite au début de la Deuxième Guerre Mondiale. Il intègre l’unité « Film et photographie » de la 3e armée, mais il est fait prisonnier le 23 juin 1940. Après deux tentatives infructueuses, il réussit cette fois à s’évader en février 1943 et rejoint un groupe de résistants communistes, le “Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés” (MNPGD). Toujours pendant la guerre, il réalise différents portraits d’artistes, de prisonniers de guerre et de collaborateurs. En 1945, il photographie la libération de Paris, puis tourne le documentaire « Le Retour », une commande du MNPGD en collaboration avec les services américains.

 

Henri Matisse, 1944.

Henri Matisse, 1944.

 

Albert Camus, 1944

Albert Camus, 1944.

 

En 1947, le Museum of Modern Art (MoMA) de New York organise une grande rétrospective, la première pour Henri. Cet évènement lui procure une notoriété internationale. Peu de temps après, il fonde avec Robert Capa, David Seymour, William Vandivert et George Rodger l’”agence Magnum Photos”. Au tout début de l’année suivante, le 30 janvier 1948 précisément, il fait la rencontre de Gandhi, quelques heures avant son assassinat. Henri réalisera des photos des funérailles; clichés qui feront le tour du monde en étant publiés chez « Life ». En fin d’année, il est le témoin, en Chine, de la fin du gouvernement de Tchang Kaï-chek, renversé par l’Armée populaire de libération menée par Mao Tsé-Toung.

Après un périple de 3 ans, il rentre en France. Entre 1951 et 1954, il effectue plusieurs voyages en Europe. Il publie aussi son premier livre, « Images à la sauvette », avec une couverture d’Henri Matisse. Suivent ensuite « Danses à Bali » et « D’une Chine à l’autre »; Antonin Artaud ayant réalisé un texte pour le premier ouvrage et Jean-Paul Sartre pour le second. Henri a également droit à sa première exposition en Angleterre, « Photographs by Cartier-Bresson » à l’”Institute of Contemporary Arts”. À l’été 1954, il se rend à Moscou. Ce voyage fait de lui le premier photographe admis en URSS depuis le début de la Guerre froide.

« Pour moi, l’appareil photo est un carnet de croquis, un instrument d’intuition et de spontanéité, le maître de l’instant qui, visuellement, questionne et décide simultanément. C’est par économie de moyens que l’on parvient à la simplicité d’expression. “

En 1955, les Arts Décoratifs de Paris organisent la Première exposition en France. Henri publie un nouvel ouvrage qui fait suite à son voyage en URSS, “Moscou vu par Henri Cartier-Bresson”, mais aussi “Les Européens”. Dans ce dernier ouvrage, on retrouve quelques-unes des images que le photographe a prises lors d’une enquête sur le contexte de reconstruction après la Seconde Guerre mondiale. Puis, infatigable, il enchaîne plusieurs voyages en Allemagne, Suède et États-Unis jusqu’en juin 1957. Quelque temps plus tard, il prend la direction de la Chine, à l’occasion du dixième anniversaire de la République Populaire. Il y restera plusieurs mois.

Mais encore une fois, pas le temps de se poser. Durant les années 1960, Henri enchaîne les voyages au Mexique, à Cuba après la Crise des Missiles, aux États-Unis, au Canada, en Turquie, en Inde, au Japon, mais aussi en Europe (Espagne, Suisse et pays de l’Est); sans oublier l’Afrique du Nord et Israël. Il trouve le temps également de publier de nombreux ouvrages : ‘Photographies de Henri Cartier-Bresson’ en 1963, ‘China : As Photographed by Henri Cartier-Bresson’ en 1964, ‘Flagrants délits - Photographies de Henri Cartier’ en 1968, ‘les Français’ en 1969…              

 

Marilyn Monroe, 1960.

Marilyn Monroe, 1960.

 

Le Baiser Quartier Latin, 1969.

Le Baiser Quartier Latin, 1969.

 

À partir des années 1970, son quotidien se fait moins intense et sa vie se déroule maintenant au rythme des expositions qui lui sont consacrées. L’artiste commence également à prendre ses distances avec l’agence Magnum Photos, ainsi qu’avec le monde du reportage. Il préfère alors se consacrer au portrait, au paysage, ainsi qu’aux différents ouvrages et expositions qui mettent régulièrement son œuvre en avant. Il se consacre aussi au dessin et en 1975, une première exposition a lieu à la Carlton Gallery de New York.

 

Palais d’Hiver, Leningrad 1973

Palais d’Hiver, Leningrad 1973

 

En 2000, Henri décide, avec l’appui de sa femme Martine Franck et de leur fille Mélanie, de créer la Fondation Henri Cartier-Bresson. Cette organisation a pour but, entre autres, de rassembler son œuvre et de créer un espace d’exposition ouvert à d’autres artistes; une idée qui est alors reconnue d’utilité publique par l’État Français. 

Henri Cartier-Bresson s’éteint le 3 août 2004 à Montjustin, en Provence.


L’Abbé Pierre, 1994

L’Abbé Pierre, 1994

 

A propos de l'auteur

Pit

Pit

Passionné par la création d’image et grand rêveur dans l’âme, la photographie m’a permis de combler ce désir de raconter une histoire sans avoir à y passer 10 heures. C’est cette capture narrative qui me fascine le plus. Par conséquent, je me focalise en général davantage sur la créativité que sur la technique pure. Ne me demandez donc pas si je préfère une marque ou une autre: c'est le cadet de mes soucis ! ;)

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