Skip to the content

Comment photographier la lune

Lorsque les débutants se lancent, ils vont naturellement photographier des éléments qui leur sont familiers : leur entourage, leurs animaux, des éléments de leur quartier, de leur jardin, mais aussi des éléments disponibles tout le temps et pour tout le monde comme le ciel et la lune.

Cette dernière constitue un excellent sujet d’étude, compte tenu de sa présence quasi permanente, mais aussi, car elle est « changeante » en fonction de son cycle propre, de la météo et du lieu où l’on se trouve pour une séance photo (ville ou campagne, présence ou non de pollution lumineuse).

 

 

Photo Lune



Le matériel

Si vos finances sont réduites et/ou que la lune n’est pour vous qu’un élément du décor de vos futures photos, alors un 50mm par exemple fera l’affaire. À vous, ensuite, d’intégrer la lune dans votre composition. Intercalez-la au mieux parmi des toits, des cimes d’arbres, etc., etc. Laissez parler votre inventivité. La lune va enrichir vos clichés, même si elle se résume à un point blanc surexposé et sans détails.

 

Si votre but est de faire des gros plans, alors, pas de mystère, les focales longues vont être plus adaptées pour capturer le satellite naturel de la terre. Il est possible de commencer dès 100 mm et d’aller bien au-delà. Mais évidemment, plus votre focale sera longue et plus il sera possible de voir la lune de près. C’est pourquoi utiliser au minimum un 300mm est sans doute plus adapté. Et comme elle apparaîtra seule sur le cliché, il est important que les détails soient nombreux. À noter que les reliefs seront très visibles au niveau du terminator (zone où sur la lune le soleil est en train de se lever). Par exemple, le cratère Clavius, qui se situe au sud du satellite, mesure environ 230 km de diamètre, offrant ainsi d’excellents reliefs lorsque le soleil se lève dessus (tout dépend du calendrier lunaire, mais nous y reviendrons).

 

Tout dépendra de votre intérêt pour le sujet et, encore une fois, de vos finances !

 

Lune dorée

 

Mais il vous faut connaître le type de capteur embarqué dans votre reflex. Concrètement, cela va influer sur la longueur focale de l’optique installée. Pour les fabricants, la référence reste le format argentique 24x36mm et son adaptation moderne, le capteur plein format ou full frame. Donc pour tous les autres types de capteurs, il faut appliquer un coefficient de conversion de focale afin de trouver un plein format.

Prenons un cas simple même s’il n’est pas forcément adapté à la photo lunaire. Si un boîtier est équipé d’un capteur APS-C classique, celui-ci est 1,5 fois plus petit que le capteur plein format.

Alors, pour retrouver la focale 24 x 36 mm équivalente, il faut multiplier 1.5 par la focale utilisée, disons 100 mm. Cela donne 150 mm. Ainsi, une focale de 100 mm sur un capteur APS-C donnera le même cadrage qu’une focale de 150 mm sur un plein format. 

L’inconvénient avec les focales longues est le flou lié au mouvement. Chaque mouvement est fortement amplifié et génère un flou de bougé. Pour lutter contre ce dernier, il existe un accessoire, bien utile également pour d’autres disciplines photographiques : le trépied. L’idéal est de coupler ce trépied avec un déclencheur à distance. En effet, selon le trépied utilisé et le type de sol, il peut rester un mouvement et un flou potentiels. Si vous ne souhaitez pas investir dans ce type d’accessoires, servez-vous tout simplement du retardateur (mais toujours avec le trépied). Réglez votre appareil photo puis lancez le retardateur. Ainsi, le mouvement lié au déclenchement du retardateur et la prise de la photo en elle-même ne seront pas simultanés; ceci offrira assez de temps à l’appareil pour se stabiliser et prendre une photo dans de bonnes conditions. Stabiliser votre appareil est donc primordial si vous voulez obtenir des clichés nets et un maximum de détails.

Pensez aussi à lester ce trépied s’il y a du vent.

 

Croissant de lune

 

Toujours pour éviter le flou de bougé, pensez à la vitesse d’obturation (ou temps de pose). Il vous faudra utiliser une vitesse égale à la formule 1/focale. Pour être plus clair, si vous utilisez une focale de 300 mm, vous devrez avoir une vitesse de 1/300.

Dernier outil pour le sujet du jour : le logiciel post-traitement. Nous en avons déjà parlé dans d’autres articles. Il y a de fortes chances pour que vous disposiez déjà d’un logiciel de traitement, à moins que vous ne débutiez totalement et que la lune soit votre premier pas dans l’univers photo.

Petite parenthèse, vérifiez le format utilisé pour vos photos. Shootez-vous en Raw, en JPEG, les deux ? (voir l’article RAW Vs JPEG) Ces deux formats ont l’un comme l’autre des qualités et des défauts, mais pour le post-traitement, mieux vaut partir sur un format Raw. Et même si ce format est dit « propriétaire » , chaque constructeur développe sa propre extension de Raw (voir tableau juste après). Ces formats ne sont alors pas lisibles par défaut sur tous les ordinateurs et logiciels de retouche.

Il est vrai qu’il existe beaucoup de formats RAW et qu’on peut trouver, y compris au sein d’une même marque, des appareils n’utilisant pas tous le même format Raw. Le travail des éditeurs de logiciels est ainsi bien plus compliqué, mais les utilisateurs s’y retrouvent quand même et peuvent retoucher leurs photos.

 

Quelques extensions des fichiers RAW

Fabricant

Extension

Canon

.crw .cr2 .cr3

Fuji

.raf

Kodak

.kdc

Nikon

.nef .nrw

Olympus

.orf

Panasonic

.rw2

Pentax

.ptx .pef

Samsung

.srw

Sony

.arw

 

Refermons cette parenthèse liée aux formats et revenons aux logiciels. En voici donc quelques-uns :

  • Adobe Lightroom, un des plus installés actuellement ;
  • Adobe Photoshop CC ;
  • Adobe Photoshop Elements ;
  • Affinity Photo ;
  • Autodesk Pixlr (pour les grands débutants, car il propose bien moins d’options que les logiciels cités)
  • Darktable (gratuit)
  • Gimp avec des modules tiers pour le Raw (gratuit) ;
  • Luminar ;
  • Polarr Photo Editor ;
  • Photivo (gratuit) ;
  • RawTherapee (gratuit) ;

 

Lune brillante

 

Évidemment, il existe bien d’autres logiciels sur le marché, mais il est difficile de tous les citer et surtout de tous les essayer ! Pour celles et ceux qui préfèrent acheter un logiciel et qui n’ont pas peur de la complexité, on peut assez naturellement les orienter vers les produits Adobe, très très complets. Certes, la prise en main demande de l’implication et oui, le système d’abonnement est discutable. Mais sinon, ces logiciels restent une référence. Faites-vous la main avec les versions gratuites.

Pour les logiciels gratuits, Darktable, Gimp ou RawTherapee constituent des alternatives fiables et assez complètes.

L’utilisation de ce logiciel va se révéler indispensable, car même avec certaines longues focales, la lune restera de taille réduite dans le cadre. C’est là que les logiciels de retouche interviendront afin de recadrer l’image.

 

En action

Vous voilà bien équipés et prêts à en découdre avec cette lune. Oui, mais voilà, pour une première session de shoot, mieux vaut vous être au préalable renseignés sur le calendrier lunaire ! De plus, il est tentant de privilégier une nuit sans nuages avec une lune pleine. 

Sauf qu’avant de foncer tête en l’air, il faudra vous intéresser au calendrier lunaire. Alors j’en entends déjà certains rouspéter, mais croyez-moi, rien de compliqué. Il existe différents sites vous expliquant très simplement dans quelle période se situe la lune en fonction de la date ! Mais sachez que si l’ombre est présente sur sa partie droite, c’est qu’elle décline et que l’on se dirige peu à peu vers une nouvelle lune, c’est-à-dire vers une nuit où l’on ne verra pas la lune.

Pour la météo, c’est un autre problème, mais veillez à choisir une nuit avec un ciel sans nuages. La gestion du contraste étant un problème pour photographier la lune, il est préférable de choisir les moments où le contraste sera plus faible. Après le coucher du soleil ou juste avant son lever, l’exposition est alors plus adéquate. Les nuages impactent aussi le contraste. Mieux vaut alors attendre qu’ils passent et laissent la lune dégagée. Profitez de ce laps de temps pour faire une bonne mise au point.

 

Lune grise

 

Juste avant, nous évoquions le fait qu’il est tentant de photographier la lune lorsqu’elle est pleine; ce qui, en soi, est assez logique. Sauf que la lune reflète la lumière du soleil et le risque de surexposition est bien réel. À l’inverse, si la lune se rapproche d’un nouveau cycle, on tombera alors dans une sous-exposition. Mieux vaut donc la photographier juste avant (ou juste après) sa phase pleine. D’où l’intérêt de s’intéresser au calendrier lunaire !

Préférez le mode manuel ou priorité à l’ouverture. Un APN (y compris un reflex) dispose d’une plage dynamique plus limitée que celle d’un œil humain. 

De plus, n’oubliez pas que la lune se déplace. Donc qu’il s’agisse d’un gros plan ou d’une photo de paysage, essayez d’anticiper ses déplacements afin de ne pas vous retrouver avec un élément parasite dans le champ (arbre, poteau, nuage…)

Une autre chose aussi importante à prendre en compte, est la pollution lumineuse. Évoquée en introduction, cette lumière parasite est surtout présente en ville, mais pas uniquement. À la campagne aussi, il faudra trouver des lieux exempts de ces perturbateurs artificiels même s’ils sont moins présents. En effet, la pollution lumineuse impacte la qualité finale des photos.

Enfin, dès que vous avez installé votre matériel et procédé à la mise au point, prenez plusieurs photos de la lune. Testez différentes vitesses d’obturation et mises au point. Ainsi, vous serez sûrs d’avoir les meilleures photos possible et vous pourrez choisir parmi les clichés effectués.


Lune rouge

 

Quelques réglages pour finir

Pour une meilleure stabilité, utilisons un trépied. La lune ayant une luminosité assez unique, mieux vaut ne pas utiliser un flash ou un mode nocturne. Préférons le mode manuel puis réglons les ISO sur 100 (500 max) pour plus de détails. Choisir une valeur la plus faible possible évite de détériorer l’image avec le bruit numérique. Si vous travaillez à main levée, il faudra opter pour une valeur ISO au moins égale au double de la focale utilisée. Donc pour un 400mm, réglez les ISO sur 800, pour un 500mm, poussez-les à 1000.

Pour l’ouverture, choisissez-en une entre F/8 et F/11. Le piqué devrait être meilleur. Sachez que plus la valeur de l’ouverture est petite, plus la lune ressortira blanche. Donc à l’inverse, plus la valeur est importante, plus la lune ressortira rousse.

Concernant le temps de pose, cela dépendra de la focale utilisée comme nous l’expliquions auparavant. Pour une focale de 300 mm, vous devrez avoir une vitesse de 1/300, pour une focale de 400 mm, une vitesse de 1/400, etc., etc. Mais attention au temps de pose trop long. Oui, la lune se déplace et oui, une perte de netteté peut survenir si le temps de pose est trop long.

Enfin, désactivez la mise au point automatique. Être en manuel vous permettra d’être plus précis.

 

Lune montagnes

 

A propos de l'auteur

Pit

Pit

Passionné par la création d’image et grand rêveur dans l’âme, la photographie m’a permis de combler ce désir de raconter une histoire sans avoir à y passer 10 heures. C’est cette capture narrative qui me fascine le plus. Par conséquent, je me focalise en général davantage sur la créativité que sur la technique pure. Ne me demandez donc pas si je préfère une marque ou une autre: c'est le cadet de mes soucis ! ;)

comments powered by Disqus
Photo de la semaine

Formation Gratuite!

formation gratuite

Vous souhaitez commencer à apprendre la photo sans appareil onéreux?
Dans cette courte formation “de belles photos en mode auto” , vous apprendrez non seulement le fonctionnement de base de votre smartphone.

Entrez votre email et recevez vos 2 cadeaux:

Je reviens sur l'article

Formation gratuite!

De belles photos en mode auto

Vous souhaitez commencer à apprendre la photo sans appareil onéreux?
Dans cette courte formation “de belles photos en mode auto” , vous apprendrez non seulement le fonctionnement de base de votre smartphone, mais aussi à trouver une composition qui soit plus intéressante que ce que produirait naturellement un photographe débutant. Le placement, la lumière, la composition: tous ces sujets seront abordés et vous pourrez commencer à pratiquer et à partager vos photos avec la communauté.